Violences à l'école, exclusion, conseil de discipline

La sentence du conseil de discipline est tombée avant les vacances. Kévin, 11 ans est exclu de son collège pour insultes et faits d’agression répétés sur ses camarades, c’est les violences à l’école.

 

Où se trouve la violence ?

Cet enfant porteur d’un mal être qui perturbe ses rapports aux autres, n’a pu être aidé.

Il est rejeté vers un autre établissement, comme si cet acte pouvait résoudre ses problèmes relationnels. Il passera peut-être comme certains enfants, de collège en collège jusqu’à ses 16 ans, signant ainsi la fin de la scolarité obligatoire. Et après qu’adviendra-t-il ? Délinquance ? Alcoolisme ? Dépression ? Violence toujours….

 

Où se trouve la violence ?

Pourtant, Kévin n’était pas un « enfant irrécupérable ». Il demandait de l’aide : « Je sais que je me suis mal comporté…j’ai envie de changer, mais je n’y arrive pas ! »

Il avait besoin des autres pour construire l’estime de lui-même. Le dispositif de la réussite éducative, présent dans le collège, prévoyait d’installer au sein de sa classe une organisation de « vigilance coopérative ». Six enfants reçus dans mon bureau le matin du conseil de discipline, exprimaient de concert ne pas souhaiter le renvoi définitif de leur camarade. Juste un avertissement, le signal d’une limite à ne pas dépasser !

Ils étaient d’accord pour l’aider et s’organiser ensemble pour cela. Ils avaient déjà quelques idées…

Des soins extérieurs étaient programmés avec une thérapeute qui allait s’occuper des « mémoires traumatiques » qui faisaient obstacle à la construction d’une socialisation adaptée.

Mais la sentence est tombée, implacable, sans concertation.

 

Où se trouve la violence ?

J’affirme qu’avant d’exclure un enfant dysfonctionnant, il y a des options à tenter, et prioritairement un travail au sein du groupe classe, avec les autres ! Un enseignement de gestion de conflits, des émotions et une attitude coopérative pour résoudre les problèmes.

N’est-il pas temps d’apprendre aux enfants à vivre ensemble, en se sentant concerné par chacun des membres qui compose le groupe. Notre bonheur ne peut pas exister dans une bulle, séparé des autres. Nous sommes tous reliés. Nier la souffrance qui s’exprime autour de nous nous expose à l’apparition de grandes violences, déjà présentes et à venir.

Tous les êtres humains ont besoin de sécurité, de dignité et d’amour. Sans cela, ils s’affaiblissent, tombent malades ou expriment de la violence comme ultime tentative d’un désespoir qui ne peut se dire.

                                                            

Où se trouve la violence ?

L’école doit préparer les jeunes à « bien vivre ensemble ». Si les moyens déployés ne fonctionnent pas, on peut alors considérer, que le problème dépasse le cadre scolaire et que l’enfant a besoin d’une structure adaptée. Mais avant cela, faisons confiance au pouvoir réparateur du groupe.

 

Et si nous nous inspirions de la pensée de Saint Exupéry ?

 

« Etre homme c’est précisément être responsable. C’est connaitre la honte face d’une misère qui ne semble pas dépendre de soi. C’est être fier d’une victoire que des camarades ont remportée. C’est sentir en posant sa pierre que l’on contribue à bâtir le monde »

 

Alors, quel monde souhaitons-nous pour nos enfants ?

Il est temps de nous poser la question quant aux violences à l’école !

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