Tout de suite ou bientôt ? Ou le pouvoir de croire que l’on peut s’améliorer…

A l‘aube de cette reprise scolaire, je souhaite partager avec vous un sujet que je trouve important à connaitre pour guider la réussite de vos enfants. Il est alimenté par une recherche réalisée par Carol Dweck en 2006, professeur de psychologie sociale à l’université de Stanford aux USA.

Voilà le déroulé de l’expérience :

400 élèves de primaire ont été réunis pour passer un test de QI très simple – auquel la plupart des jeunes ont eu de bons résultats. Ils ont ensuite divisé les élèves en deux groupes :
-Ils ont dit aux élèves du groupe 1 qu’ils avaient réussi parce qu’ils devaient être très intelligents.
-Ils ont dit aux élèves du groupe 2 qu’ils avaient réussi parce qu’ils devaient avoir beaucoup travaillé.

Ensuite, ils ont soumis aux mêmes élèves un deuxième test de QI – cette fois, beaucoup plus compliqué. Le résultat ? Le voilà :

Par rapport au premier test, le groupe dit « travailleur » a augmenté ses résultats de 30 %… alors que le groupe dit « intelligent » a perdu 20 %.

Comment interpréter ce résultat ?

J’ai dans ma carrière de psychopédagogue rencontré beaucoup d’enfants qui se pensaient intelligents.
Cette croyance indique qu’ils ont eu des signes de reconnaissance en ce sens, au sein de leur famille tout d’abord, puis dans le cadre de l’institution scolaire.
Cependant, combien de fois ai-je entendu des enseignants parler d’un élève en disant : « Il est intelligent mais il ne travaille pas, quel gâchis ! »

Comment expliquer ce comportement ?

Aucun enfant n’aime recevoir de mauvaises notes et encore moins des punitions, alors comment comprendre cet abandon face au travail ?

Pour cela, revenons à la théorie de Carol Dweck :

• Certains enfants croient que leur capacité de réussir est innée, c’est ce qu’on appelle la « théorie de l’intelligence fixe ».
• D’autres pensent que leur succès est le fruit d’un travail persévérant qui demande du temps. On parle alors de la « théorie de l’intelligence progressive ».

Les premiers craignent l’échec, car il représente une affirmation négative de leurs capacités de base : « Peut-être que je ne suis plus intelligent ? ». Ne pas réussir tout de suite les mets dans une situation de peur. Ils ont peur de perdre cette attribution d’intelligence, pensant que « faire des efforts », « ne pas réussir tout de suite » est un signe de bêtise. Certains seront prêt à tricher, à cacher leurs notes pour tenter de préserver leur image « d’enfant intelligent ». Ou bien encore, à arrêter de travailler afin de justifier leurs mauvaises notes à cause de cette absence d’investissement et non à cause d’un manque d’intelligence !

Les autres enfants savent que leur performance bien que peut être insuffisante dans un premier temps, peut être améliorée par l’engagement dont ils feront preuve dans leur travail. Ils se diront « il faudra que je travaille plus, et je progresserai ».

Vos comprenez bien à cet endroit combien il est important d’aider vos enfants à changer d’état d’esprit, afin d’aborder les difficultés d’une façon plus légère, plus constructive et d’autre part, de favoriser chez eux un processus de croissance qui durera toute leur vie.

Comment agir face à vos enfants ?

1. Tout d’abord se dire qu’il est capable de réussir et qu’il a besoin d’entendre que vous avez confiance en ses capacités à dépasser les difficultés.
2. Ne pas le récompenser pour son intelligence ou ses résultats, mais valoriser la méthode qu’il a utilisé, même si les résultats ne sont pas excellents.
3. Ne pas le punir pour ses mauvaises notes (Bien sur !)
4. Lui expliquer que chaque fois qu’il sort de sa zone de confort pour apprendre quelque chose de nouveau et de difficile, ses neurones (cellules de son cerveau), créent des connections plus fortes. C’est comme cela qu’il deviendra plus performant à force de persévérance et de confiance dans ses capacités à progresser. Apprendre est un acte de courage et de volonté et vous aller l’aider dans ce sens.
5. Appliquer ce que vous lui dites à vous-même ! Le « fais ce que je dis mais ne fais pas ce que je fais ! » n’est jamais crédible pour un enfant ;

Pour ce dernier point j’écrirai prochainement un article pour vous aider à mettre en application ce que vous souhaitez voir apparaître chez votre enfant.

Pour terminer, il s’agit aussi de privilégier « bientôt » plutôt que « tout de suite ». Or dans une société où tout s’accélère, où tout doit s’obtenir vite et sans effort, cela demande un niveau de vigilance accrue et une conscience de son propre niveau d’ « agitation ».
Je vous renvoie au test situé sur le site « dépêche-toi », afin de vérifier pour vous-même votre tendance à accélérer.

Prendre le temps du chemin est une belle permission à offrir à nos enfants, pour cette rentrée.

Je vous souhaite une belle reprise!

Photo by Scott Webb on Unsplash