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L’école est une chance pour les enfants, mais…. Elle devrait être un lieu d’épanouissement pour tous !

Le modèle de l’école d’aujourd’hui est encore fondée sur la compétition, la performance et l’individualisme.

Cette façon de concevoir l’enseignement participe aux dérives que l’on constate de nos jours (la destruction des ressources naturelles au profit d’un « toujours plus d’argent » …, l’exclusion d’une marge importante de l’humanité, la surconsommation d’anti dépresseurs des « pays riches » …

Comment peut-on aider nos enfants à apprendre sans peur et à affronter les défis du monde actuel avec confiance et enthousiasme ?

Dans cet objectif, je pense qu’il est urgent d’introduire la psychologie dans les programmes scolaires. Psychologie, comprise comme l’étude du comportement humain !

Deux raisons majeures à cela :

  1. Il faut permettre aux enfants « d’apprendre à se connaitre », c’est-à-dire :

  • Pouvoir identifier ses émotions, les exprimer et savoir agir en conséquence

On sait aujourd’hui qu’un enfant qui a des difficultés pour apprendre à des besoins non satisfaits qui font écran à sa capacité de penser par lui-même.  Ce n’est pas un problème d’intelligence !

Si Paul est l’objet de moqueries de la part de ses camarades, à chaque fois qu’il prend la parole en classe, il est normal qu’il en souffre et qu’il choisisse de se taire ! S’il apprend à exprimer son ressenti, en mettant des mots sur son mal être, dans des temps prévus pour cela en classe, il se libérera et agira pour que cette situation inconfortable s’arrête.

En apprenant à se connecter à lui-même, il ne sera jamais victime de harcèlement et contactera le plaisir consistant à « prendre du pouvoir sur sa vie ». En effet, avoir envie d’apprendre et être curieux des mystères de la vie sont les conséquences naturelles d’une telle libération.

Un enfant n’est pas un vase que l’on remplit de savoir. Même si cette idée est communément admise aujourd’hui, on continue d’enseigner de la même façon qu’au début du 20ième siècle. Les élèves en « décrochage scolaire » se voient proposer des cours de soutien, « un peu plus de la même chose » ! On sait que ça ne marche pas !

 

  • Déceler les croyances limitantes qui freinent ou empêchement la réussite :

Croyances sur soi-même : « Je ne suis pas intelligent », « Je n’y arriverai jamais », « Si je n’y arrive pas tout de suite, je suis bête », ou croyances sur les autres « ils sont meilleurs que moi… », « j’ai peur de décevoir mes parents. », « Je ne suis pas à la hauteur »

Toutes ces croyances forment un obstacle à l’engagement de l’enfant dans les apprentissages.

Une fois disparues, les comportements d’agitation, de provocation, de passivité, construit comme des remparts à l’angoisse, cessent !

Ces savoirs peuvent s’apprendre à l’école  – voir le programme « Bien Vivre Ensemble »

 

2. Il faut apprendre aux enfants à coopérer avec les autres

Il y aurait ceux qui réussissent et ceux qui ratent leur vie, les doués et les pas doués, les bons et les incapables ?Cette conception est absurde. Elle crée une société ou l’exclusion s’intensifie, alors que la complémentarité de tous représente une immense richesse.

Les entreprises d’aujourd’hui demandent à ce que les personnes sachent travailler en équipe. Alors pourquoi n’apprend-on pas à travailler ensemble dans nos écoles ?

              

                                              « Ras le bol du chacun pour soi ! »

                              Apprenons à nos enfants à vivre ensemble et à coopérer

 

Le collectif est une incroyable opportunité de faire des choses qu’on est incapable de faire seul ; L’autre représente une chance, un enrichissement pour se développer pleinement et en plus, faire ensemble nous rend heureux !

L’expérience des réseaux d’échanges de savoir crée par Claire Hebert Suffrin, institutrice dans les années 70, a largement démontré les effets positifs de ce dispositif pédagogique, facile à mettre en place, sur la réussite des enfants. On apprend mieux quand on coopère avec les autres !

Pour résumer, nous avons la chance aujourd’hui de bénéficier de découvertes et d’expérimentations réalisées au début du siècle dernier, dans le domaine des sciences humaines. On sait transmettre ses connaissances qui facilitent « le bien vivre ensemble ».

  • La connaissance de soi
  • La gestion des conflits
  • La communication non violente
  • La régulation de groupe pour prendre sa juste place…

Nous devons absolument endiguer cette course folle ou beaucoup de personnes se perdent aujourd’hui au détriment de leur santé, de leur bonheur et du sens profond de leur vie.

Simplement pour ne pas avoir pris le temps de s’écouter, de se rencontrer….

Ne fermons plus les yeux sur une réalité qui entrave le développement d’un grand nombre d’enfants, tous potentiellement appelé à devenir des génies, comme nous le rappelait Albert Jacquart !

Pour cela, Rejoignez-nous et diffusez largement notre projet « Bien Vivre Ensemble » !

(https://educat.fr/#bienvivre)

L’association Educ’AT travaille depuis un an, dans un collège public de 600 élèves avec les professeurs et les parents réunis, les résultats sont déjà visibles. Notre souhait est de faire connaitre ce dispositif, et de le transmettre à d’autres établissements afin que le plus grand nombre d’enfants en bénéficient.

                                                              Merci de nous aider à diffuser ce message !

Marie-Pierre Lescure, psychopédagogue.

Ce principe d’éducation ne fonctionne pas ! Les enfants ont besoin de cohérence et de modèles pour s’en inspirer.
Si nous encourageons nos chères « têtes blondes » à s’engager dans leurs apprentissages, en faisant preuve de curiosité et de persévérance, demandons-nous si le modèle que nous leur donnons est en résonnance avec nos propos.

Apprendre à tout âge ? 

On dit qu’il est plus facile d’apprendre quand on est enfant qu’à l’âge adulte.

C’est exact, la plasticité neuronale d’un enfant est extraordinaire. Nous naissons avec un cerveau composé de 100 milliards de neurones, capables d’envoyer des milliers de connexions vers d’autres cellules.

Un jeune enfant par exemple, en contact dans son environnement proche avec 5 ou 6 personnes s’exprimant dans des langues différentes serait capable de les apprendre, sans effort, uniquement par imprégnation. Cela fait rêver !

Ce potentiel diminue avec l’âge…

 

Une histoire d’environnement

Cependant, on sait aujourd’hui, contrairement à ce qu’on pensait encore au milieu du siècle dernier, que la production de neurones (cellules du cerveau) ne s’arrête jamais.

Des études ont montré que cette capacité pouvait diminuer voire disparaitre selon l’environnement, en particulier en cas de stress. Au contraire dans un environnement adapté, la neurogénèse a été multiplié par trois en quelques semaines, dans le cadre d’une expérience menée en laboratoire avec des souris.

 

Retenons cette métaphore :

Les abeilles naissent toutes identiques. La différence entre une reine et une abeille ouvrière est uniquement son alimentation. A partir du troisième jour, la reine est nourrie exclusivement de gelée royale !

Le cerveau a donc besoin de « nourriture », de stimulations, de possibles explorations.

Autre exemple, plus proche de notre réalité : ce qui différenciait Einstein d’un homme ordinaire, c’est qu’il ressentait une horreur absolue à l’idée de ne pas comprendre. « Il comprenait qu’il ne comprenait pas, et faisait tout pour comprendre, et parfois cela pouvait être long… » [1]

 

Changer nos croyances

Forts de cette information, nous pouvons affirmer que ce qui diminue le plus avec l’âge, n’est pas la capacité de notre cerveau d’apprendre, mais l’usage qu’on en fait.

C’est pour cette raison que l’école devrait nous permettre d’apprendre à apprendre, pour ensuite entretenir cette activité toute notre vie.

 

 Comment faire ?

Retrouver notre soif d’apprendre et de comprendre
Le cerveau se nourrit de changement, nous devons retrouver cette soif  présente en chacun de nous, souvent inhibée par des croyances erronées.

Par exemple, consacrer une « heure d’apprentissage » hebdomadaire à une activité que l’on ne connait pas, mais qui nous fait envie. Cela peut être le dessin, le flamenco ou la pratique d’un instrument de musique : dans tous les cas, vous allez solliciter votre cerveau d’une manière différente et développer de nouveaux réflexes. Cela amène directement au second principe :

 

Cultiver son enthousiasme
Ce mot vient du grec qui veut dire « Transport divin, être inspiré des dieux » ; Un jeune enfant a des crises d’enthousiasme toutes les minutes ! C’est comme cela qu’il est poussé à découvrir le monde. Ressentir de l’enthousiasme pour une découverte, un nouvel apprentissage, favorise incontestablement nos facultés d’apprendre.


Entretenir sa curiosité
Se demander “pourquoi” ? Les enfants sont insatiables sur ce terrain. Tout les intéresse et les questionne. C’est comme ça qu’ils apprennent. Mais c’est aussi vrai pour les adultes.
 Lutter contre « l’infobésité »

Le système numérique dans lequel nous baignons entraîne une avalanche d’informations. Trop selon les spécialistes de la plasticité du cerveau. « L’information qui nous fait savoir est absolument délétère, et n’incite pas le cerveau à produire de nouveaux neurones. Au contraire, ce dernier bombardé d’informations, est alors condamné à l’anxiété »

Concrètement, il est indispensable de trier cette information : choisir l’utile, celle qui nous fait comprendre, et se débarrasser de la futile, celle qui nous fait juste savoir.

 

Cultiver l’altérité

Certaines parties de notre cerveau ne sont engagées que lorsque nous sommes en relation avec les autres. C’est ce que certains scientifiques appellent « le cerveau social ». Plus on cultive l’altérité, plus on soigne son cerveau qui sera alors enclin à produire plus de neurones. Je vous renvoie à ce propos aux travaux effectués par Claire Hébert Suffrin[2], concernant les réseaux d’échanges de savoirs.

En conclusion, si vous souhaitez aider votre enfant à apprendre, montrez-lui le chemin en étant un adulte que la soif de découvrir et d’apprendre rend heureux !

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[1] Interview d’Albert Jacquart « l’intelligence ».  https://m.youtube.com

[2] Claire Hébert Suffrin, « Parier sur la réciprocité : vivre la solidarité », 2011, chronique sociale.

 

Photo by Naletu on Unsplash

Nos enfants ont repris le chemin de l’école…  C’est avec une petite histoire vécue lors d’une consultation familiale, que je souhaite partager avec vous une réflexion sur l’éducation.      

« Kevin arrive à mon cabinet avec ses parents pour un problème de bégaiement qui les inquiète depuis longtemps et pour lequel l’école leur a conseillé de consulter. Kevin est âgé de 6 ans et sa mère précise d’emblée qu’elle se demande s’il n’y a pas un facteur héréditaire, parce que le frère de son mari souffre du même défaut d’élocution. Les parents racontent ensuite qu’ils craignaient que Kevin ne soit atteint du même problème et qu’ils ont été affolés de constater dès les premiers balbutiements du bébé que le problème semblait être présent.

On peut imaginer la scène : alors que le bambin commence à faire ses premiers « b-a-ba », des redoublements sont inévitables du genre « bababa ». Pour toute la majorité des parents, cela ne suscite aucune inquiétude, puisque ce comportement leur parait tout à fait normal chez un bébé. Pour les parents de Kevin, au contraire, la question se pose vite : « serait-il bègue comme son oncle ? ».

A partir de ce moment, on va essayer de faire répéter l’enfant en insistant pour qu’il ne fasse pas de répétitions outrancières. Par là même, on commence à sélectionner un comportement qui ira en s’amplifiant puisque l’enfant réalisera assez rapidement que ses parents sont très inquiets chaque fois qu’il se met à parler. Cette inquiétude favorisera les redoublements, et le bégaiement a de bonnes chances de s’installer.

« Quand on se fixe sur le symptôme, on contribue à fixer le symptôme. »

Extrait du  livre « Pour une éducation apaisée »ed. Chronique sociale

Cet exemple montre combien les enfants sont sensibles à nos états émotionnels. Ils ressentent nos inquiétudes, et cela parasite leur évolution.  C’est pourquoi, nos « interventions inquiètes » concernant les devoirs à la maison sont susceptibles de provoquer ou d’accentuer un problème, là où il n’y avait au départ qu’une difficulté normale d’apprentissage.

La façon dont vous aborderez le suivi scolaire est capitale.

  • Regardez vos enfants comme des « génies potentiels », comme le préconisait Albert Jacquart. Leurs compétences pour apprendre sont extraordinaires. Si des difficultés se présentent, calmez-vous, ne vous énervez pas, ne déprimez pas, et rechercher les causes si elles persistent.
  • Ne stressez pas en pensant à leur avenir, ni en cultivant des pensées du genre » il a des difficultés pour apprendre, il va échouer à l’école et ne trouvera pas d’emploi plus tard »
  • Comme l’article de la semaine dernière vous y invitait, valorisez davantage son engagement dans la recherche de solutions, source de progrès assurés, plutôt que « son intelligence »
  • Déléguez « l’aide aux devoirs » si vous sentez que cette tâche vous met dans un état de stress important. Je vous rappelle à cet endroit que vous pouvez inciter vos enfants à se relier à leurs camarades pour apprendre ensemble, se soutenir, chercher des solutions.

Demandez-vous…

Quelle est votre posture parentale ? Avez-vous peur, depuis le début de la scolarité de votre enfant, qu’il ne réussisse pas ? Avez-vous confiance dans ces capacités d’adaptation et de développement ?

Regardez-le avec confiance et vous lui permettrez de construire une bonne estime de lui-même. Alors, il pourra surmonter sa différence et réussir à sa mesure.

Si vous n’y arrivez pas, occupez-vous de vos peurs et vous allégerez celles de votre enfant !

 

 

Photo by Annie Spratt on Unsplash