Les neurones miroirs de notre cerveau, responsables de l’empathie… une compétence à développer dans l’intérêt général

Les neurones miroirs de notre cerveau, responsables de l’empathie… une compétence à développer dans l’intérêt général

De l’empathie grâce aux neurones miroirs

Un chercheur italien, Giacomo Rizzolatti a découvert en 1996, l’existence de neurones miroirs dans notre cerveau. Grâce à eux, nous serions capables d’éprouver de l’empathie, c’est à dire « de se mettre dans la peau de l’autre », en imitant ce qu’il fait, ou « de ressentir ce qu’il peut ressentir ».

Nous savons aujourd’hui qu’un bébé âgé de 18 mois, exprime sans apprentissage ni récompense, cette compétence, en venant par exemple, aider spontanément une personne qu’il voit en difficulté.

L’éducation altère ou renforce cette capacité relationnelle en fonction de l’activité des neurones miroirs

On sait que les « psychopathes » sont capables de faire souffrir leurs victimes sans que cela déclenche en eux la moindre réaction affective. Ils sont insensibles à la souffrance exprimée par l’autre. Leurs neurones miroirs ne sont plus actifs !

 Le « Bien vivre ensemble » repose sur le respect mutuel et l’empathie en lien direct avec la cognition sociale

Le XXIe siècle sera un siècle de progrès nécessaire à notre évolution, et selon certains dires, à notre survie. Ce progrès passera davantage par une amélioration des rapports humains, vers plus d’humanité, que par une évolution matérielle.

Pour cela, il faut permettre aux jeunes d’aujourd’hui de développer leur empathie, ce qui représente l’axe fondamental d’un «  bien vivre ensemble ».

En situation de harcèlement scolaire, si l’élève persécuteur et les témoins qui entrent dans le processus étaient en contact avec leur ressenti, et éprouvaient de l’empathie pour la victime, grâce à l’activité des neurones miroirs du cerveau, il n’y aurait plus de harcèlement.

Je vous relaterai ici une expérience qui s’est déroulée sur une heure avec 24 enfants de sixième. J’avais été invitée à intervenir, dans le cadre du projet « Bien vivre ensemble » au collège d’Epernon, à la demande des professeurs de la classe. En effet, nous nous approchions de la fin de l’année scolaire et l’ambiance de la classe était de plus en plus difficile. Des insultes, des moqueries orientées plus spécialement vers quelques boucs émissaires semblaient faire partie du quotidien de ce groupe.

Après avoir posé les règles nécessaires à la régulation, protectrices de chacun, je donnais la parole aux jeunes en les invitant à exprimer ce qu’ils ressentaient. Le silence du début de réunion fut brisé par le témoignage de plusieurs élèves qui réussirent à parler de leurs souffrances au quotidien, les larmes aux yeux ou la voix tremblante d’émotions. Pas d’accusation, juste une expression de souffrance individuelle.

Plusieurs élèves baissaient la tête, visiblement gênés d’entendre ce qu’ils entendaient, surpris par tant d’authenticité. Les insultes et persécutions s’arrêtèrent spontanément dans les semaines suivantes.

Aucune résolution de conflit, de règles de morales dispensées…rien qu’une écoute empathique de la souffrance de l’autre favorisée par les neurones miroirs du cerveau

Pour cela quelques conseils, sachant que vos enfants s’inspireront de vos propres pratiques (ce qui est déjà un signe d’empathie) :

  • Prenez le temps d’écouter vos enfants, sans chercher trop vite à partager vos propres expériences. Éviter de leur couper la parole.
  • Exprimer vos ressentis sur telle ou telle expérience et invitez vos enfants à le faire également, sans faire de remarque du type : « Mais non, il ne faut pas ressentir ça ! »
  • En cas de désaccord, essayer de vous mettre à la place de votre enfant. Que feriez-vous dans une telle situation si vous aviez son âge ? Comment pouvez-vous comprendre sa réaction ?
  • Éteignez votre téléphone portable et vos écrans quand vous partagez un moment en famille. Rien n’est plus important à ce moment-là que la qualité de présence dont vous saurez faire-part.
  • Compatissez si votre enfant exprime une douleur. Exemple : Justine est tombée, son papa accourt et lui dit « ah, oh que ça doit faire mal, aïe, aïe, aïe…..ma pauvre chérie ! » et non pas «  Ce n’est pas grave, tu en verras d’autre ! »
  • Montrez leur l’exemple en étant attentif aux autres, prêts à aider votre prochain et/ou à partager avec les plus démunis.

Les neurones miroirs peuvent être réactivés, stimulés…. la qualité des relations que nous avons les uns avec les autres s’en sera que meilleure ! Alors entrainons-nous et entraînons nos enfants à « regarder » les autres.

 

Cet article a 2 commentaires

  1. Les neurones miroirs sont une catégorie de neurones du cerveau qui présentent une activité aussi bien lorsqu’un individu exécute une action que lorsqu’il observe un autre individu (en particulier de son espèce) exécuter la même action, ou même lorsqu’il imagine une telle action, d’où le terme miroir. Ils sont connus pour être à l’origine du bâillement1. Il existe également des neurones échos.

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