La violence verbale sur les enfants

La violence verbale sur les enfants

« Arrête immédiatement sinon … ! » , comment votre enfant perçoit-il cette menace ? la violence verbale est-elle une solution ?

Il est clair que nous avons tous, nous parents, utilisé un jour la menace sur notre enfant. Peut-être que nous avions à ce moment utilisé tous les moyens pour que notre enfant se calme, arrête enfin ses bêtises, bref qu’il sorte de cette spirale infernale.

Mais comment notre enfant perçoit-il notre réaction quelque peu exagérée, comment peut-il comprendre notre colère alors que pour lui, ce n’est pas si grave.

Cette violence verbale peut être faite sans que l’on se rende compte de l’impact sur notre enfant. On se souvient de notre enfance et de certaines remarques prononcées par nos parents. On en est pas mort, mais on s’en souvient. Et ces phrases sont restées dans notre mémoire et ont certainement influencé notre développement.

Dire à notre enfant ; « tu es un incapable » « tu n’y arrivera jamais dans la vie » ou « qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça » aura forcément des conséquences négatives sur son développement.

Notre enfant est en pleine construction de sa personnalité, il doit prendre confiance en lui et être bien dans sa peau pour évoluer de la meilleure manière possible. S’il entend constamment des reproches, des remises en cause, bref du négatif à longueur de journée, comment peut-il évoluer correctement.

Mais alors, comment faire pour aider notre enfant à évoluer correctement. S’il est parfois difficile de se contrôler, il faut avoir quelques principes en tête pour éviter d’utiliser la violence verbale à toutes les sauces.

« Le premier d’entre eux, c’est qu’il est préférable de dissocier l’individu, l’enfant, de ses propos et de son action. Il est préférable  de dire ‘ta note n’est pas satisfaisante, il va falloir travailler’ que ‘tu es nul’ ; de même, dire ‘tes propos sont inadmissibles’ est préférable à ‘tu es vulgaire ou tu es insupportable’ », conseille Gilles-Marie Valet. « L’idée, c’est d’éviter de coller une étiquette à laquelle l’enfant va adhérer. Si on lui dit, ‘tu es un petit voleur’, il risque de le prendre au mot et de se dire : ‘puisque je suis comme ça, je vais continuer à voler’ », poursuit le pédopsychiatre.

Un autre principe consiste à éviter les commentaires trop génériques du type « dis merci » ou « ne fais pas de bruit » et plutôt expliquer pourquoi il faut dire merci quand on reçoit un cadeau par exemple ou pourquoi il ne faut pas faire de bruit dans un endroit où des personnes se recueillent.

Et enfin, il est préférable d’utiliser des injonctions encourageantes et positives plutôt que des mots décourageants et rabaissants ou des punitions exagérées.

Plutôt que de dire « attention, tu vas tomber », il vaut mieux dire « regarde où tu mets les pieds et tu ne tomberas pas ».

Des conseils qui s’appliquent dès le plus jeune âge, et qui vaudront toujours à l’adolescence.

Source : Article  Auteur : Gaétan Supertino

Cet article a 1 commentaire

  1. Je souhaite rajouter à cet article un élément important. On sait aujourd’hui que le fait de crier sur un enfant, et plus particulièrement lorsque celui-ci est jeune et vulnérable, peut engendrer un certain nombre d’effets, conséquents à la terreur qu’il ressent à cet instant. Imaginez la vision d’un enfant, du haut de ses deux ans, face à un père (ou une mère) hurlant et menaçant…il peut face à une telle situation, contacter inconsciemment la peur de mourir.
    Les travaux de la psychiatre Muriel Salmona sont à cet endroit très instructifs. Je vous invite à prendre connaissance de son livre « Châtiments corporels et violences éducatives » qui vous expliquera clairement les mécanismes en œuvre lorsque une peur intense s’empare d’un enfant ( le mécanisme est identique pour l’adulte). Vous découvrirez comment elle peut provoquer une sidération, qui elle-même provoquera un état dissociatif. Vous apprendrez que cette peur « fantôme » restera comme figée dans le corps, prête à se réactivée face à une situation ressentie comme similaire. Pour donner un exemple concret, un enfant incapable de réagir face à une agression physique à l’école, peut traduire par cette réaction inappropriée, la présence d’une mémoire traumatique, qui le paralyse et ne lui permet pas de trouver une réaction de défense adaptée.
    Alors je suis formelle : « Ne criez plus sur vos enfants ! » . Faites du sport, sortez marcher dans le jardin, pratiquez le yoga, faites un travail personnel….faites ce que vous voulez, mais donnez-vous comme règle de conduite de ne pas hurler, vociférer, menacer…….vos enfants, c’est un beau cadeau d’amour que vous leur offrirez !

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