« Fais ce que je dis, mais ne fais pas ce que je fais ! »

Ce prin­cipe d’éducation ne fonc­tionne pas ! Les enfants ont besoin de cohé­rence et de modèles pour s’en ins­pi­rer.
Si nous encou­ra­geons nos chères « têtes blondes » à s’engager dans leurs appren­tis­sages, en fai­sant preuve de curio­si­té et de per­sé­vé­rance, deman­dons-nous si le modèle que nous leur don­nons est en réson­nance avec nos pro­pos.

Apprendre à tout âge ? 

On dit qu’il est plus facile d’apprendre quand on est enfant qu’à l’âge adulte.

C’est exact, la plas­ti­ci­té neu­ro­nale d’un enfant est extra­or­di­naire. Nous nais­sons avec un cer­veau com­po­sé de 100 mil­liards de neu­rones, capables d’envoyer des mil­liers de connexions vers d’autres cel­lules.

Un jeune enfant par exemple, en contact dans son envi­ron­ne­ment proche avec 5 ou 6 per­sonnes s’exprimant dans des langues dif­fé­rentes serait capable de les apprendre, sans effort, uni­que­ment par impré­gna­tion. Cela fait rêver !

Ce poten­tiel dimi­nue avec l’âge…

 

Une histoire d’environnement

Cepen­dant, on sait aujourd’hui, contrai­re­ment à ce qu’on pen­sait encore au milieu du siècle der­nier, que la pro­duc­tion de neu­rones (cel­lules du cer­veau) ne s’arrête jamais.

Des études ont mon­tré que cette capa­ci­té pou­vait dimi­nuer voire dis­pa­raitre selon l’environnement, en par­ti­cu­lier en cas de stress. Au contraire dans un envi­ron­ne­ment adap­té, la neu­ro­gé­nèse a été mul­ti­plié par trois en quelques semaines, dans le cadre d’une expé­rience menée en labo­ra­toire avec des sou­ris.

 

Rete­nons cette méta­phore :

Les abeilles naissent toutes iden­tiques. La dif­fé­rence entre une reine et une abeille ouvrière est uni­que­ment son ali­men­ta­tion. A par­tir du troi­sième jour, la reine est nour­rie exclu­si­ve­ment de gelée royale !

Le cer­veau a donc besoin de « nour­ri­ture », de sti­mu­la­tions, de pos­sibles explo­ra­tions.

Autre exemple, plus proche de notre réa­li­té : ce qui dif­fé­ren­ciait Ein­stein d’un homme ordi­naire, c’est qu’il res­sen­tait une hor­reur abso­lue à l’idée de ne pas com­prendre. « Il com­pre­nait qu’il ne com­pre­nait pas, et fai­sait tout pour com­prendre, et par­fois cela pou­vait être long… » [1]

 

Changer nos croyances

Forts de cette infor­ma­tion, nous pou­vons affir­mer que ce qui dimi­nue le plus avec l’âge, n’est pas la capa­ci­té de notre cer­veau d’apprendre, mais l’usage qu’on en fait.

C’est pour cette rai­son que l’école devrait nous per­mettre d’apprendre à apprendre, pour ensuite entre­te­nir cette acti­vi­té toute notre vie.

 

 Comment faire ?

Retrou­ver notre soif d’apprendre et de com­prendre
Le cer­veau se nour­rit de chan­ge­ment, nous devons retrou­ver cette soif  pré­sente en cha­cun de nous, sou­vent inhi­bée par des croyances erro­nées.

Par exemple, consa­crer une « heure d’apprentissage » heb­do­ma­daire à une acti­vi­té que l’on ne connait pas, mais qui nous fait envie. Cela peut être le des­sin, le fla­men­co ou la pra­tique d’un ins­tru­ment de musique : dans tous les cas, vous allez sol­li­ci­ter votre cer­veau d’une manière dif­fé­rente et déve­lop­per de nou­veaux réflexes. Cela amène direc­te­ment au second prin­cipe :

 

Culti­ver son enthou­siasme
Ce mot vient du grec qui veut dire « Trans­port divin, être ins­pi­ré des dieux » ; Un jeune enfant a des crises d’enthousiasme toutes les minutes ! C’est comme cela qu’il est pous­sé à décou­vrir le monde. Res­sen­tir de l’enthousiasme pour une décou­verte, un nou­vel appren­tis­sage, favo­rise incon­tes­ta­ble­ment nos facul­tés d’apprendre.


Entre­te­nir sa curio­si­té
Se deman­der “pour­quoi” ? Les enfants sont insa­tiables sur ce ter­rain. Tout les inté­resse et les ques­tionne. C’est comme ça qu’ils apprennent. Mais c’est aus­si vrai pour les adultes.
 Lut­ter contre « l’infobésité »

Le sys­tème numé­rique dans lequel nous bai­gnons entraîne une ava­lanche d’informations. Trop selon les spé­cia­listes de la plas­ti­ci­té du cer­veau. « L’information qui nous fait savoir est abso­lu­ment délé­tère, et n’incite pas le cer­veau à pro­duire de nou­veaux neu­rones. Au contraire, ce der­nier bom­bar­dé d’informations, est alors condam­né à l’anxiété »

Concrè­te­ment, il est indis­pen­sable de trier cette infor­ma­tion : choi­sir l’utile, celle qui nous fait com­prendre, et se débar­ras­ser de la futile, celle qui nous fait juste savoir.

 

Culti­ver l’altérité

Cer­taines par­ties de notre cer­veau ne sont enga­gées que lorsque nous sommes en rela­tion avec les autres. C’est ce que cer­tains scien­ti­fiques appellent « le cer­veau social ». Plus on cultive l’altérité, plus on soigne son cer­veau qui sera alors enclin à pro­duire plus de neu­rones. Je vous ren­voie à ce pro­pos aux tra­vaux effec­tués par Claire Hébert Suf­frin[2], concer­nant les réseaux d’échanges de savoirs.

En conclu­sion, si vous sou­hai­tez aider votre enfant à apprendre, mon­trez-lui le che­min en étant un adulte que la soif de décou­vrir et d’apprendre rend heu­reux !

—-

 

 

[1] Inter­view d’Albert Jac­quart « l’intelligence ».  https://m.youtube.com

[2] Claire Hébert Suf­frin, « Parier sur la réci­pro­ci­té : vivre la soli­da­ri­té », 2011, chro­nique sociale.

 

Pho­to by Nale­tu on Uns­plash

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