Et si l’on arrêtait d’avoir peur ?

Et si l’on arrêtait d’avoir peur ?

Nos enfants ont repris le chemin de l’école…  C’est avec une petite histoire vécue lors d’une consultation familiale, que je souhaite partager avec vous une réflexion sur l’éducation.      

« Kevin arrive à mon cabinet avec ses parents pour un problème de bégaiement qui les inquiète depuis longtemps et pour lequel l’école leur a conseillé de consulter. Kevin est âgé de 6 ans et sa mère précise d’emblée qu’elle se demande s’il n’y a pas un facteur héréditaire, parce que le frère de son mari souffre du même défaut d’élocution. Les parents racontent ensuite qu’ils craignaient que Kevin ne soit atteint du même problème et qu’ils ont été affolés de constater dès les premiers balbutiements du bébé que le problème semblait être présent.

On peut imaginer la scène : alors que le bambin commence à faire ses premiers « b-a-ba », des redoublements sont inévitables du genre « bababa ». Pour toute la majorité des parents, cela ne suscite aucune inquiétude, puisque ce comportement leur parait tout à fait normal chez un bébé. Pour les parents de Kevin, au contraire, la question se pose vite : « serait-il bègue comme son oncle ? ».

A partir de ce moment, on va essayer de faire répéter l’enfant en insistant pour qu’il ne fasse pas de répétitions outrancières. Par là même, on commence à sélectionner un comportement qui ira en s’amplifiant puisque l’enfant réalisera assez rapidement que ses parents sont très inquiets chaque fois qu’il se met à parler. Cette inquiétude favorisera les redoublements, et le bégaiement a de bonnes chances de s’installer.

« Quand on se fixe sur le symptôme, on contribue à fixer le symptôme. »

Extrait du  livre « Pour une éducation apaisée »ed. Chronique sociale

Cet exemple montre combien les enfants sont sensibles à nos états émotionnels. Ils ressentent nos inquiétudes, et cela parasite leur évolution.  C’est pourquoi, nos « interventions inquiètes » concernant les devoirs à la maison sont susceptibles de provoquer ou d’accentuer un problème, là où il n’y avait au départ qu’une difficulté normale d’apprentissage.

La façon dont vous aborderez le suivi scolaire est capitale.

  • Regardez vos enfants comme des « génies potentiels », comme le préconisait Albert Jacquart. Leurs compétences pour apprendre sont extraordinaires. Si des difficultés se présentent, calmez-vous, ne vous énervez pas, ne déprimez pas, et rechercher les causes si elles persistent.
  • Ne stressez pas en pensant à leur avenir, ni en cultivant des pensées du genre » il a des difficultés pour apprendre, il va échouer à l’école et ne trouvera pas d’emploi plus tard »
  • Comme l’article de la semaine dernière vous y invitait, valorisez davantage son engagement dans la recherche de solutions, source de progrès assurés, plutôt que « son intelligence »
  • Déléguez « l’aide aux devoirs » si vous sentez que cette tâche vous met dans un état de stress important. Je vous rappelle à cet endroit que vous pouvez inciter vos enfants à se relier à leurs camarades pour apprendre ensemble, se soutenir, chercher des solutions.

Demandez-vous…

Quelle est votre posture parentale ? Avez-vous peur, depuis le début de la scolarité de votre enfant, qu’il ne réussisse pas ? Avez-vous confiance dans ces capacités d’adaptation et de développement ?

Regardez-le avec confiance et vous lui permettrez de construire une bonne estime de lui-même. Alors, il pourra surmonter sa différence et réussir à sa mesure.

Si vous n’y arrivez pas, occupez-vous de vos peurs et vous allégerez celles de votre enfant !

 

 

Photo by Annie Spratt on Unsplash

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